Pourquoi j’ai arrêté de parler de mes projets à tout le monde (même à mes proches)
Quand j’ai voulu me lancer dans l’entrepreneuriat, j’ai eu ce réflexe très naturel d’en parler autour de moi. Quand tu es contente, que tu as un projet qui t’anime, tu ressens forcément l’envie de le partager, d’en parler à tes amis, à ta famille… c’est quelque chose de normal.
Sauf que très vite, sans m’en rendre compte, on a commencé à me projeter des peurs que je n’avais même pas au départ. Des phrases, des remarques, des doutes qui ne venaient pas de moi, mais qui ont fini par s’installer malgré tout.
“Tu es sûre que c’est une bonne idée ?”
“C’est risqué quand même…”
“Et si ça ne marche pas ?”
“Tu penses vraiment pouvoir en vivre ?”
Et là, quelque chose s’est installé.
Le doute.
Un doute que je n’avais pas au début. Un doute sur ma capacité à réussir, sur mon projet, sur le fait que ce soit réellement possible. Alors que de base, ce n’était pas une décision prise sur un coup de tête. J’avais pris le temps de réfléchir, de faire des recherches, de comprendre dans quoi je m’engageais, et de voir que d’autres personnes y arrivaient. Mais malgré ça, j’ai commencé à accorder plus de poids à leur avis qu’au mien, presque sans m’en rendre compte.
Petit à petit, j’ai ressenti ce besoin de validation. Comme si, si mes proches n’y croyaient pas, alors forcément… ils avaient raison. Comme si leur vision devait passer avant la mienne.
C’est humain.
On fait naturellement confiance aux gens proches de nous. On a tendance à croire ce qu’ils disent, surtout quand ça nous touche personnellement.
Mais le problème, c’est que ce doute-là, une fois installé, il ne disparaît pas facilement. Il reste, il s’installe, et il influence ta manière d’avancer.
Il y a aussi quelque chose que j’ai compris avec le temps, et qui a beaucoup joué dans le doute que j’ai ressenti. Souvent, quand les autres projettent leurs peurs sur ton projet, ils vont inconsciemment te demander de prouver que leurs peurs sont fausses.
Sauf que quand tu débutes… tu ne peux rien prouver. Et c’est là que ça devient compliqué.
Parce qu’ils vont s’appuyer sur ça pour renforcer leurs doutes : “tu vois, tu n’as pas encore de résultats”, “rien ne te garantit que ça va marcher”… et sans t’en rendre compte, tu commences à douter toi aussi. Alors que ce n’est même pas quelque chose qui venait de toi à la base.
C’est pour ça que je pense que c’est vraiment important de ne pas parler de son projet trop tôt, surtout quand il est encore fragile.
Attendre d’avoir les premiers résultats, ça change tout. Pas pour prouver quoi que ce soit aux autres, mais parce que toi, tu as déjà une base, une expérience, quelque chose de concret sur lequel t’appuyer.
Et à partir de là, les échanges ne sont plus les mêmes.
Mais au fond, l’objectif n’a jamais été de convaincre ou de prouver quoi que ce soit.
L’idée, c’est surtout de te protéger, de te laisser l’espace de commencer, d’essayer, d’avancer sans être influencée par des peurs qui ne sont pas les tiennes.
Parce que parler de son projet à n’importe qui, surtout au début, ça peut créer des blocages, des freins… et ça peut même aller jusqu’à te faire abandonner quelque chose qui comptait vraiment pour toi, avant même d’avoir essayé.
Et ça, c’est exactement ce que j’ai vécu.
Moi, il m’a fallu du temps pour comprendre quelque chose d’essentiel : ce qu’on m’avait dit, ce n’était pas une vérité. C’était la projection de leurs propres peurs.
Eux ne se voyaient pas se lancer. Eux ne se voyaient pas sortir d’un cadre sécurisé. Et sans s’en rendre compte, ils me parlaient depuis leur propre réalité, pas depuis la mienne.
Et ce n’est pas méchant. Mais ça bloque.
Parce que tu pars avec un projet qui fait sens pour toi, un projet réfléchi, aligné avec ce que tu veux… et tu te retrouves à douter simplement parce que les autres n’y croient pas. Au point d’oublier pourquoi toi, tu voulais le faire au départ. Ce qui m’a vraiment aidée, c’est le moment où j’ai compris que ce projet, il était pour moi. Pas pour convaincre, pas pour rassurer, pas pour prouver quoi que ce soit.
Juste pour moi.
À partir de là, j’ai pu repartir sur des bases beaucoup plus saines, avec une intention différente et surtout, en me recentrant sur ce que je voulais vraiment.
Aujourd’hui, il y a une chose que j’ai envie de te dire : il n’y a rien de mal à vouloir partager tes projets. C’est normal, c’est humain. Mais parfois, ce n’est simplement pas le bon moment.
Parler trop tôt, surtout à des personnes qui n’ont pas la même vision que toi, peut te freiner bien plus que ça ne t’aide. Ça peut même créer des blocages que tu n’avais pas au départ.
Donc si je peux te donner un conseil sincère : commence d’abord. Avance dans ton projet, même doucement, même imparfaitement, mais avance.
Et si tu ressens vraiment le besoin d’en parler, essaie de te tourner vers des personnes qui sont dans la même démarche que toi, des personnes qui comprennent ce que tu es en train de construire.
Ça peut être des créatrices, des entrepreneuses, des personnes que tu suis sur Instagram, sur YouTube, ou même à travers des articles de blog.
Personnellement, ça m’a énormément aidée, parce que tu te sens comprise, soutenue, et surtout, tu réalises que ce que tu veux faire est possible.
Alors que parler à quelqu’un qui n’a pas du tout cette vision va souvent ramener à des peurs, à des freins… qui ne sont même pas les tiens.
Et ça peut vraiment te ralentir.
Donc avance à ton rythme, protège ton projet au début, et entoure-toi des bonnes personnes.
Et si tu ressens que les peurs des autres prennent trop de place dans ton projet, j’ai aussi écrit un autre article qui pourrait t’éclairer :
« Pourquoi vouloir se lancer réveille parfois des peurs familiales ? »
J’espère sincèrement que cet article t’aura aidé à y voir plus clair, et surtout à comprendre l’importance de ne pas partager ton projet avec n’importe qui, surtout au début, quand tout est encore fragile.
